- Je ne veux plus jamais que tu revoies cet homme, hurlait la mère de Mélina.
Cette dernière avait appelé sa mère, totalement désorientée et en larmes, pour qu'elle vienne la ramener à la maison. S'était sans compter tomber à présent sous les foudres de sa mère. Jamais encore elle ne l'avait vue aussi en colère et énervée, excepté contre son père, au temps où ils étaient encore " ensemble ".
- Maman je suis désolée...
Combien de fois allait-elle être désolée ? pensait-t-elle.
Sa mère l'étudia du regard un instant. Son visage qui semblait si en colère et énervée contre elle, il y a quelques secondes se transforma en une expression compréhensive.
Elle posa une main apesante sur l'une des épaules de sa fille.
- Moi aussi je suis passé par là. Quand on aime une personne ce n'est pas forcément celle qui nous convienne. Et, même en y croyant de toutes ses forces.
Mélina pensait immédiatement à son père, qui avait fait tant souffrir sa mère. Elle n'aurait jamais voulu souffrir de la sorte pendant toutes ses années. Jamais elle ne referait les mêmes erreurs que sa mère.
Avec Lorenzo, il ne lui aurait apporté que souffrances, avec ses sautes d'humeurs si... terrifiantes.
Mélina se blottie dans les bras de sa mère. Depuis combien de temps ne l'avait-elle pas serré aussi fort contre elle ?
- Même si c'est dur tu dois l'oublier...
" L'oublier ", se répétait-t-elle intèrieurement. Jamais elle ne le pourrait.
Il a été son premier amour. Elle s'était sentie tellement importante à ses yeux, tellement... femme. Jamais elle ne l'oublierait, même avec un autre homme, il ne pourrait jamais remplaçer Lorenzo... Cet homme est unique.
Comment continuer de vivre sans lui ? Ne plus jamais entendre le son de sa voix, ses éclats de rire, sentir son parfum, le contact sa peau, son corps..., continuait de penser Mélina en pleurant toutes les larmes qu'elle pouvait.
C'était comme si elle l'avait perdu. Tout était fini. Comme si elle devait faire son deuil, excepté qu'elle pourrait un jour le croiser main dans la main avec une autre femme...
- Je ne peux pas vivre sans lui..., confiait-elle entre deux sanglots à sa mère.
- Calme-toi Mélina, la consolait sa mère. Ce sera dur mais avec le temps tu t'y feras. Tu l'oublieras et rencontreras d'autres personnes...De ton âge, précisait-t-elle.
- On s'en fou de l'âge, s'emportait Mélina en se détachant d'elle. C'est pas pour cette raison que je l'ai quitté!
Elle n'allait pas avouer à sa mère les vraies raisons; le comportement de Lorenzo si inquiètant, le métier qu'il excerce, la grossesse qu'elle avait cru avoir, qu'il a déjà été marié autrefois... Et l'incident avec Eliza.
- Non ? Pour quoi alors ? l'interpelait sa mère.
- Pour... On ne s'entendait plus c'est tout, baclait lâchement Mélina.
C'était en parti vrai, pensait-elle. Ils ne s'étaient jamais compris.
- Bien... Tu as eu raison de mettre un terme à tout ça. Tu as toute les vie devant toi, t'as le temps de te compliquer la vie.
Pensive Mélina rentrait chez elle, allant directement dans sa chambre préfèrant se retrouver seule...
Seule elle devrait s'y faire...
Deux jours plus tard...
Totalement dépendante de lui. Elle aurait tout donné pour avoir un contact avec Lorenzo, tel qu'il soit. Même un simple message de sa part. Pathétique, pensait-elle en regardant son téléphone portable.
Elle le posa sur son bureau quelques secondes seulement mais se ravisa et se pressa pour le récupérer. C'était plus fort qu'elle. Quand allait-il prendre de ses nouvelles ? s'inquiètait-t-elle. Peut-être se fichait-il d'elle ? Ou pire encore, en avait-il trouvé une autre ?
Deux jours quand même, il n'aurait pas pu passer à une autre en si peu de temps ? Si ? C'en fut trop. Elle chercha le numéro de Lorenzo dans son répertoire et l'appela.
Une sonnerie... Puis une deuxième... L'attente semblait interminable pour Mélina. N'y tenant plus elle raccrocha.
Comment faire pour l'oublier ? Pour ne plus penser à lui... Soudain, son téléphone se mit à vibrer.
Elle y lit un texto qui venait de Lorenzo.
" Viens me voir "
Perturbée et tentée elle préféra changer de sujet en envoyant;
" Pourquoi t'as pas répondu au tel ? "
Il répondit aussitôt par ; " J'en ai rien à foutre du tel ! Viens me voir ! "
Pourquoi voulait-il la voir ? Ressentait-il les mêmes sentiments qu'elle ?