Lovée contre son torse, Mélina s'éveilla avec difficulté. L'homme qu'elle aimait semblait dormir mais elle le vit ouvrir ses yeux lorsqu'elle releva la tête.
- Je croyais que tu dormais, lui fit-elle remarquer.
- Tu comptais te sauver c'est ça ?
- Bien sûr que non.
Quoique l'idée n'était pas si mauvaise que ça, pensa-t-elle. Mais n'aurait servit à rien.
- Je suis sûr que si pourtant, insista-t-il d'un air plus sèrieux.
- Mais non... J'avoue l'idée m'a effleuré l'esprit mais...
- Petite peste, dit-il en lui pinçant le bras d'un air amusé. Tiens !
- Aie, je rigolais oh. Merde il est quelle heure là ? s'inquièta-t-elle en regardant vivement sa montre.
- On s'en fiche de l'heure qu'il peut être...
- Non on s'en fiche pas! le coupa-t-elle. Il est 16 heures passés ma mère va pèter une durite.
Lorenzo prit l'air faussement contrit et la prit par les épaules.
- Oublie un peu ta mère c'est pas avec elle que tu vas faire ta vie.
- Parce que tu crois que c'est avec toi que je vais la faire peut-être ? ne put-elle s'empêcher de lui lançer.
Il se détacha d'elle, et s'installa au bord du lit pour allumer une cigarette. Sans un mot, il resta ainsi en lui tournant le dos. Mélina en profita pour rassembler ses affaires et remettre un peu d'ordre dans sa coiffure. Se rend-t-il compte que je m'apprête à partir ? se demanda-t-elle. Elle ne savait pas quoi lui dire. Aucun mot ne lui venait à l'esprit. Elle prit son sac à dos à la main, hésita, puis lui lança tout à trac:
- Bon je vais te laisser...
Il tourna enfin la tête dans sa direction l'air mauvais.
- Ouais c'est ça cours dans les jupons de ta mère!
Lorenzo lui avait dit ses paroles avec une telle méchanceté qu'elle en fut profondement blessée.
- C'est pas la peine de te montrer aussi méchant et arrête de me regarder comme si j'avais la peste...
- Je te regarde comme je veux! Tu veux rester avec tes chers parents eh ben vas-y c'est que t'en as vraiment rien à foutre de moi en fait.
Elle n'en revenait pas, comment pouvait-il croire ça alors qu'elle avait passé l'apres-midi avec lui. Qu'il avait été le premier homme à qui elle s'était donné. Elle avait même trahi sa soeur pour lui. Ses amies étaient à présent à dos contre elle et maintenant ses parents. Elle habitait désormais chez son père et sa nouvelle compagne encore et toujours par la faute de Lorenzo. Et maintenant c'était lui qui lui tournait le dos.
- Ouais t'as entièrement raison Lorenzo pour une fois, le provoqua-t-elle. J'en ai vraiment rien à foutre de ta gueule.
Il ouvrit la bouche l'air choqué. Elle crut qu'il allait démarré au quart de tour et exploser sa colère mais il sembla se raviser et prendre le contrôle de lui-même.
- Ne joue pas à ça tu sais comment je suis, la prévint-il d'une voix grave.
- J'en ai rien à foutre je te dit! Tiens je vais aller voir Mathieu peut-être que lui se montrera beaucoup...plus... réconfortant on va dire. Pis il est jeune mes parents l'apprecieront beaucoup j'en suis certaine....
Il se leva d'un bond, et se planta devant elle en une fraction de seconde. Il était encore torse nu et en boxer, Mélina s'humecta ses lèvres face à une telle vue.
- Qu'est-ce que tu disais ? Je t'en prie continue, l'encouragea Lorenzo avec une colère peu maîtrisée.
Elle le regarda totalement destabilisé par sa proximité. Elle pouvait presque sentir la chaleur de son corps et son parfum si...
- Alors ? s'impatienta-t-il avec une lueur de défi dans les yeux.
- Je me disais simplement que tu n'étais peut-être pas l'homme qu'il me fallait.
- Simplement, répéta-t-il l'air incredule. Oh bah oui c'est pourtant si simple, cette idée t'es venue quand ? Avant ou après qu'on est fait l'amour ?
- La question n'est pas là. On est pas fait pour finir ensemble c'est tout.
- Si la question est là! J'aimerai savoir si au moment où je t'embrassais tu pensais déjà que je n'etais pas l'homme de ta vie ? Ou peut être au moment où ma main remontait le long ...
- C'est bon arrête ! le coupa-t-elle. On est pas fait pour être ensemble et c'est tout. Tu le sais très bien.
- Et Mathieu est fait pour toi peut-être ? Je te previens si tu te mets avec lui ça va très mal aller. Mathieu ou un autre d'ailleurs.
- Je viens de te dire que on sera jamais ensemble alors chacun fait ce qui veut après. Tu fais ta vie je fais la mienne c'est comme ça.
- Bah nan c'est pas comme ça! J'ai été ton premier je serai le dernier c'est comme ça que je vois les choses moi ! Et pis tu m'aimes alors arrête de te mentir, c'est juste à cause de tes abrutis de parents qui nous pourrisse la vie !
- Ne parle pas comme ça d'eux! s'emporta-t-elle.
- Ce sont des abrutis! répéta Lorenzo fortement. Ils te rendent malheureuse et tu le sais.
Mélina sentit les larmes perler sur son visage. Plus ils parlaient de ses parents, plus elle n'avait envie de quitter Lorenzo. Retourner vivre chez son père lui était insupportable. Et entendre les sermons de sa mère parce que oui elle en était sûre elle allait en avoir en se presentant devant le lycée, la terrifiait. Jamais ils ne la laisserait revoir Lorenzo après ça. Elle le savait. Elle aurait voulu le quitter comme prevu maintenant et garder la tête froide mais elle n'y arriva pas. Mélina laissa couler ses larmes sans aucune retenue cette fois. Tant pis si elle avait l'air ridicule.
Contrairement à ce qu'elle aurait pensé Lorenzo ne la laissa pas seule et vint la prendre dans ses bras.
- Lorenzo je t'ai menti, parvint-elle à dire entre deux sanglots. Je...
- Te mouche pas sur moi quand même, plaisanta-t-il.
- Nan... Excuse-moi... J'en ai pas rien à foutre de toi... Au contraire t'es la seule personne qui compte pour moi.
- Mais je le sais déjà ça! dit-il l'air fier en relevant la tête. Par contre, revenons sur un certain point si tu veux bien...
- Lequel ?
- Je ne suis pas un homme qui partage donc ne me parle plus de ton pinocchio de Mathieu ou de pierre paul jack.
- Oui je sais j'aime bien te faire chier. De toute façon Mathieu n'est pas vraiment mon type...
- Pas vraiment ? T'as couché avec pourtant ?
- Merci de me le rappeler. C'était une erreur.
- Heureusement que c'était une erreur. Et c'est quoi ton type alors ?
- Mmmh les mecs farfelus et bien compliqués comme toi.
- Je suis pas compliqué c'est toi qui complique tout avec tes abrutis de parents.
Elle lui donna une legere tape sur l'epaule.
- Je t'ai deja dit de pas les appeler comme ça!
- Et farfelus merci bien! Je vois pas d'où! Tu voudrais pas rester ici ?
- Pour ... aujourd'hui ?
- Le temps que tu veux, déclara-t-il en la tenant toujours dans ses bras.
Elle réflechissa un bref instant et prit sa décision. De toute façon elle allait se faire enguirlander alors ça changerait pas grand chose.
- D'accord Monsieur Farfelu, lui souria-t-elle. Mais mes parents vont certainement débouler chez toi.
- Eh ben je leur dirais que t'es pas ici, ils ont pas le droit de fouiller chez moi. De toute façon je ne repondrais pas à ces abrutis.
- Et je n'ai pas de rechanges.
Il se detacha d'elle et alla dans la penderie chercher une chemise.
- Tiens prends cette loque ça fera l'affaire.
- Eh je suis pas une manouche c'est un sac ton truc. Tu portes que des vetements comme ça de toute façon. Je me souviens le jour où je t'ai vu pour la premiere fois...
- Bah heureusement que tu t'en souviens! s'écria-t-il avec un sourire en coin.
- Ouais bah le prenom Lorenzo te colle parfaitement à la peau. On dirait un bagnard.
- C'est fini les compliments ? Bon je plonge sous la douche et la porte restera ouverte.
- Pourquoi tu me dis ça ?
- Parce que je sais que tu peux pas te passer de moi à tout de suite alors.
Il lui déposa un leger baiser sur le front puis s'en alla d'une demarche tranquille, terriblement sexy ne portant toujours que son simple boxer.
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Courte suite une prochaine bientot ^^
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